Le Monde arabe regroupe trois des principales voies de navigation transocéaniques

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Le Monde arabe regroupe trois des principales voies de navigation transocéaniques

Message  Admin le Sam 8 Déc - 0:37

Le Monde arabe regroupe trois des principales voies de navigation transocéaniques, mais n’en contrôle aucune. Le détroit de Gibraltar, qui assure la jonction entre l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée, est sous observation de la base anglaise située sur le promontoire de Gibraltar, une enclave située sur le territoire de l’Espagne. La jonction Méditerranée-Mer Rouge est sous le contrôle des bases anglaises situées aux deux extrémités du Canal de Suez (les bases de Dekhélia et d’Akrotiri (Chypre) et la base de Massirah (Sultanat d’Oman).

Enfin, le passage golfe arabo persique Océan indien est sous l’étroit contrôle du chapelet de bases de l’Otan: le camp franco-américain de Djibouti, la base aéronavale française d’Abou Dhabi, le QG du Centcom du Qatar, et la base aéronavale américaine de Diego Garcia.

En vertu du principe de la liberté de navigation, la totalité des voies de passage transocéaniques, à l’exception du Détroit de Behring, sont sous contrôle de l’Occident. Du Détroit de Gibraltar au Détroit du Bosphore, au Détroit des Dardanelles, au Détroit de Malacca, au détroit d’Ormuz.

Si la Chine a réussi à contourner ce goulot d’étranglement en développant sa «stratégie du collier de perles» par l’aménagement d’un chapelet de ports amis le long des ses voies de ravitaillement, du Sri Lanka à l’Afrique orientale, à l’Europe avec la zone franche du Pirée, de même que la Russie avec Tartous et Banias, sur la côte syrienne de la Méditerranée, cela n’a pas été le cas pour le monde arabe.

Au-delà de la mise au pas de ces deux pays récalcitrants à l’hégémonie occidentale, la double épreuve de force contre la Syrie et l’Iran sous-tend en complément une opération de contournement du détroit d’Ormuz par substitution de la voie terrestre à la voie maritime du transport des hydrocarbures du Golfe vers l’Europe, via les ports méditerranéens de la Turquie, à travers le projet TAP, l’oléoduc trans-anatolien chargé d’acheminer vers l’Europe la production de brut des pétromonarchies et de l’Irak.

Le développement de la capacité de l’oléoduc de l‘ancienne IPC (Irak Petroleum Cy) des champs pétroliers du nord de l’Irak vers le terminal syrien de Banias figure également dans les projets des pétroliers, en cas de chute du régime syrien, réduisant ainsi la trop grande dépendance de l’Europe occidentale vis-à-vis des hydrocarbures de l’Algérie et de la Russie, deux pays hors de la sphère de l’Alliance Atlantique. Un impératif au regard de l’évolution du trafic maritime mondial: sur les vingt plus grands ports porte-conteneurs du Monde, treize se trouvent en Asie, un continent qui assurera, en l’an 2020, plus de la moitié des productions mondiales. Dans la perspective d’une épreuve de force, les Etats-Unis ont parachevé un nouveau système radar au Qatar en complément de ceux déjà installés en Israël et en Turquie pour former un vaste arc régional de défense antimissile.

Soixante-dix ans après leur indépendance, les pays arabes demeurent sous contrôle. Sous couvert du principe de la liberté de navigation couve une mise sous tutelle drastique du monde arabe et de ses gisements pétroliers. Il en va de la navigation comme du Droit l’autodétermination, qui confère bizarrement l’indépendance au Kosovo et au Sud Soudan, mais pas à la Palestine ou au Sahara occidental, réduisant ce principe à une variable d’ajustement conjoncturel.

Arabian Sea (Bahr al Arab) et Amiral (Amir Al Bahr)

Pourtant l’océan arabe est une réalité reconnue par les géo stratèges occidentaux mais, paradoxalement, sinon ignorée par les Arabes, à tout le moins enfouie dans leur subconscient. Tous les pays arabes sans exception ont une façade maritime, même l’Irak sur le Golfe arabo persique, parfois même deux: le Maroc ouvre sur l’Atlantique et la Méditerranée; l’Egypte sur la Mer Méditerranée et la Mer Rouge, l’Arabie sur la Mer Rouge et le Golfe Persique. Et aussi la Palestine avec Gaza entre Méditerranée et Mer morte. Bahreïn signifie «deux mers», l’Algérie «les îles», la Péninsule arabique (Al Jazira Al Arabya), littéralement l’île Arabe et Gibraltar (Jabal Tareq) tire son nom de son conquérant Tareq Ben Zyad, alors qu’en parallèle, la boussole et le gouvernail, à défaut d’en avoir été ses inventeurs, les Phéniciens, les ancêtres des Libanais, en auront été les propagateurs.

Dans l’inconscient occidental, l’arabe est synonyme de bédouin, jamais marin, une réalité intériorisée par les Arabes eux-mêmes, indice indéniable de leur aliénation mentale. Sans doute pour faire oublier l’ancienne dénomination coloniale de la zone pétro monarchique, la «Côte des pirates», pacifiée par les Anglais sous le nom de «Trucial Coast», la «Côte de la trêve». Stratagème anglais consistant à fixer au sol en les légitimant les corsaires arabes en contrepartie de l’accès occidental à leurs gisements pétroliers.

Les faits d’armes des marins arabes, qui ont fait la notoriété de ces précurseurs incontestés de la cartographie sont ignorés de l’opinion arabe elle-même. Oublié Sindbad le marin, oubliée l’escadre des 100 navires de Saladin contre les pirates génois. Oublié Ahmed Ibn Majid, le guide de Vasco de Gama. Et sans nullement justifier leurs activités, mais, en guise d’illustration, les pirates de la Corne de l’Afrique face à une armada internationale de près de quarante navires de guerre, font la preuve quotidienne qu’ils sont les véritables «Prince des mers» (Amir al Bahr), dont le terme français Amiral tire son nom.

Domaine stratégique par où transite l’essentiel du commerce mondial, de Gibraltar (Jabal Tarek), à Suez, à Bab El Mandeb et Ormuz, dont la fermeture plongerait l’économie occidentale dans une crise systémique, l’Océan arabe a été complètement colonisé à l’ère du pétrole, de même que ses repères mémoriels. Bab El Bahr en Tunisie a été rebaptisée par les Français «Porte de France» et la Mer des Arabes francisée en «Mer d’Oman», alors que les Français empruntaient à la terminologie arabe leur ordonnancement militaire: Amiral (Amir al Bahr), Capitaine (Kobtane).

Seul Gamal Abdel Nasser a fait usage de cette arme de dissuasion (1956), de même que le Roi Fayçal d’Arabie, l’arme du pétrole (1973). Mais aucune manœuvre commune des forces navales arabes n’a jamais eu lieu hors contrôle d’une puissance étrangère. Et les marines nationales sont principalement affectées à des missions de garde côtière.

Le Liban a démontré lors de la guerre de 2006 une redoutable capacité navale défensive en neutralisant la frégate Hanit, navire amiral de la flotte israélienne. Dans le camp de la résistance arabe, cet événement est célébré comme une victoire navale équivalente à celle de Sawari des Egyptiens sur la flotte Byzantine en 655. Partout ailleurs il est méprisé en ce que cet exploit naval a été le fait d’une formation paramilitaire chiite, alors que Sawari n’évoque plus qu’un contrat d’armement franco saoudien impliquant de fortes rétro commissions. Le tiers de la production d’armement des Etats-Unis, du Royaume uni et de la France, trois membres du Conseil de sécurité, protège les cours du pétrole arabe et l’impunité de l’Etat hébreu, alors que, paradoxalement, Israël s’obstine à vouloir lancer ses deux cents bombes nucléaires pour prévenir la fabrication d’une seule, la bombe iranienne, au stade virtuel.

Les Israéliens préparent ainsi méthodiquement le bombardement de l’Iran distante de mille sept cents kilomètres sous prétexte d’une improbable attaque nucléaire dont ils sont pourtant protégés par un bouclier humain de quatre millions d’otages palestiniens.

Au vu de ce déferlement, le Golfe devrait être le théâtre d’une guerre médiatique et psychologique. En complément de la chaine qatariote, d’Al Jazira, la mise sur orbite trois nouveaux vecteurs aux ambitions redoutables ont été programmées pour 2012: «Sky Arabia», à Abou Dhabi, avec la collaboration de la chaine britannique Sky GB du magnat australien Ruppert Murdoch, «Al Arab» du prince Walid Ben Talal, depuis Manama en collaboration avec la firme Bloomberg, ainsi que la chaîne «Al Mayadine» de Ghassane Ben Jeddo, l’ancien d’Al Jazira.


Toutes les chaînes pétro monarchiques, toutes, sans exception sont adossées à des bases occidentales: Al Jazira du Qatar au Centon, le commandement central américain, Sky Arabia d’Abou Dhabi, à la base aéronavale française, «Al Arab» du prince saoudien Walid à la base navale de Manama, quartier général de la V me flotte américaine de l’Océan indien…….Une singularité des pétromonarchies, sans doute la marque de leur indépendance
http://www.mondialisation.ca/golfe-arabo-persique-les-enjeux-sous-jacents-du-detroit-dormuz/5314623

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